Ruelle sur l'Île de Molène en Bretagne

Découvrir l’île de Molène dans le Finistère

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Que diriez-vous d’un bon plan de tourisme insulaire pour évacuer le stress de plusieurs mois de travail ? Aujourd’hui, je vous propose une merveilleuse aventure au milieu de la mer. Direction, l’archipel de Molène à quelques kilomètres de la côte ouest du Finistère où se trouve une île accueillante et légèrement émergée de la mer. Il s’agit de l’île de Molène. Occupant une place d’or dans l’historique de mes voyages, ce bourg et le port autour duquel il s’organise font partie des attractions qui m’ont les plus émerveillés en France.

C’est en pleine mer, je le rappelle, la mer turquoise et capricieuse d’Iroise. Culminant à 26 m au-dessus de la mer et distant d’environ 15 km de la côte ouest du Finistère, l’île de Molène est la principale de la vingtaine d’îles et îlots constituant l’archipel de Molène.

Comme toujours, je l’ai visitée seul. Mais c’est au cours de mon escapade que je me suis rendu compte que c’est l’endroit parfait pour une visite en famille ou en amoureux. Bon, sans plus tarder, je vous emmène vers ce bout de monde où la mer, les poissons, les oiseaux et surtout les hommes vivent en parfaite harmonie.

L’île de Molène : une destination apaisante

Non loin de la rade de Brest, dans le Finistère, l’île de Molène, située dans le parc naturel marin d’Iroise, est un petit paradis pour les amoureux de la nature. De loin, un paysage atypique, dominé par des habitations sobres et des plages de galets, s’offrait déjà à ma vue.

De Brest, la traversée de l’eau transparente et turquoise m’a pris environ 1 heure. D’après le capitaine du bateau, la houle se forme très souvent sur cette eau et les courants de marée sont parmi les plus forts de l’Europe. Heureusement, ce jour-là, c’est une mer d’huile que j’ai traversée sous les rayons ardents du soleil.

12 heures 38 minutes ; me voici en train de fouler les terres de cette île tout à fait surprenante par la beauté de son archipel ainsi que par sa taille. Je découvre cet atoll du pacifique avec ses richesses, ses îlots verdoyants et ses récifs en amas. 72 hectares émergés de la mer d’Iroise, dominés par les landes bretonnes, où les airs sont quadrillés par les oiseaux marins, puis dans les eaux, la danse perpétuelle des phoques et le guet des loutres.

Molène, c’est une île enchantée avec un magnifique lagon turquoise. L’île est occupée par près de 650 habitants ; les Molénais, un peuple charmant et accueillant. Je n’ai eu besoin ni de voiture ni de vélo avant de la parcourir de fond en comble. Et d’ailleurs, la cité regorge de très peu de voitures. Elles seraient moins d’une dizaine d’après mes investigations, cédant ainsi ses ruelles herbeuses au plaisir des piétons.

L’île est habitée depuis le temps des premiers Gaulois, regorgeant des secrets et des reliques d’un autre âge. On y trouve très peu d’arbres, ce qui l’expose au vent venu de la mer. Je vous conseille de vous munir d’un manteau et des gants chauffants pour bien profiter de ses merveilles.

À présent, il est temps d’aller à la découverte de ces maisons basses de pierres grises surmontées d’un sémaphore reconverti en musée. Rendons-nous à la promenade dans les landes et parcourons le pourtour de l’île suivant un chemin côtier offrant des points de vue spectaculaires sur les îlots et l’ensemble de l’archipel.

Se rendre à Brest : comment s’y prendre ?

Il n’y a pas 36 solutions pour se rendre au cœur de cette merveille insulaire : il faut absolument prendre par la mer. On peut rejoindre les côtes de l’île en suivant 2 lignes. J’ai pris le départ au port de Brest et la traversée a duré 1 heure. Vous pouvez également prendre le départ à Conquet, une commune voisine où un équipage vous fera débarquer à la gare maritime de Molène en seulement 30 minutes.

Pour circuler sur l’île, comme j’avais déjà eu à l’indiquer, vous n’avez pas besoin de voiture. L’idéal est la marche ou la randonnée à vélo. En ce qui concerne les personnes à mobilité réduite, un fauteuil mono-roue adapté est préparé par la communauté des communes du pays d’Iroise pour assurer leur déplacement.

Les principaux lieux à visiter sur l’île

Dès ma descente du bateau, j’ai aussitôt remarqué le charme fou que dégage l’île de Molène. Il est absolument impossible de s’en passer. Charly, mon guide, m’attendait au quai et sans perdre la moindre minute, mon escapade a démarré.

Une tournée à la découverte de la pêche maritime

Le petit port de Molène est sans doute l’un des endroits les plus animés de l’île. Un peu à l’abri des assauts du vent grâce à sa situation géographique, il s’y trouve des bateaux de pêche accostés, prêts à conduire à une pêche-promenade. C’est au milieu de ce vacarme entre pêcheurs, marchands et plaisanciers détendus que j’ai entamé une brève tournée en mer : moment idyllique pour en savoir plus sur la pêche maritime.

La visite du sémaphore

Œil de Molène sur la mer Iroise, le sémaphore est l’une des attractions incontournables de la ville. De retour de mon escapade en mer, sa tour carrée et ses 3 balcons installés tout autour m’invitent ; impossible de m’en passer.

Le sémaphore était une signalisation qui communiquait avec les bateaux. D’après l’histoire, il a été construit en 1877 et n’était qu’une cabane portant un mât de signalisation. Plus tard, en 1908, la tour va être érigée et en plus de la mission de surveillance, il va abriter le bureau télégraphique. Pendant longtemps, il a assuré les fonctions d’assistance aux navires, de régulateur du trafic maritime et de point d’observation météorologique. Néanmoins, il va être désarmé en 1983.

Aujourd’hui, il est devenu un centre d’interprétation dédié à l’histoire des sémaphores, des sauvetages en mer et des signaux. Pendant une demi-heure, à l’écoute du guide, j’ai revisité le quotidien et les missions des guetteurs. Le centre est ouvert 7 jours sur 7.

Visite du musée Drummond Castle

Tout au long du sentier balisé, au cœur même du bourg, derrière la mairie, se trouve ce musée érigé en l’honneur des victimes du naufrage du Drummond Castle. Il s’agit d’un bateau anglais coulé dans la nuit du 16 juin 1896 et qui fit 242 victimes. Une catastrophe qui a fortement marqué l’histoire de l’île de Molène. Elle est relatée dans le musée à travers des maquettes, des dessins et un ensemble d’objets recueillis sur les lieux du drame.

Le guide présent sur le lieu m’a plongé dans cette histoire sinistre qui n’a fait que révéler la position stratégique que constitue Le Molène dans l’Iroise. Cette nuit de juin 1896, il y avait en effet 251 passagers à bord du bateau de croisières long de 111 mètres. Seulement 3 personnes ont survécu à ce drame.

L’histoire était telle qu’il m’a plu d’en savoir davantage. Heureusement, en dehors du musée, un autre indice plus vivant et plus palpable du drame existe. Je m’y dirige, à pied, dans ce bourg tranquille où l’odeur iodée de la mer flotte en permanence dans l’air.

Le cimetière des Anglais

Souvenir ! Ce cimetière rappelle le navire Drummond Castle, les circonstances du drame, le dévouement des Molénais et la reconnaissance des Anglais. Dans un coin, je me suis recueilli sur les tombes des victimes du paquebot. Les pêcheurs îliens avaient réussi à repêcher les corps de 29 naufragés qu’ils ont ensuite inhumés dans ce bout de terre qui leur a été dédié.

Il sonnait déjà 17 h, passé de 42 minutes. La fatigue s’est fait sentir et j’ai rejoint mon hôtel — Refuges des mers — où une nuit de rêve m’attend. 

Visite de l’église saint Ronan à quelque pas du cimetière des Anglais

9 heures, le lendemain ! Mon parcours sur l’île de Molène reprend, cette fois, en direction de l’église Saint Ronan. Bel édifice en remplacement d’une chapelle dédiée à la Vierge Marie, l’Église a été construite entre 1878 et 1882 par Ernest Le Guerric. Il s’agit d’un célèbre architecte ayant construit et restauré plusieurs autres édifices religieux sur l’île.

D’après la tradition, au début du 6e siècle (l’an 520), Saint Ronan, venu de l’Irlande, débarque en ermite à Molène. Là, il fait jaillir une source auprès du port avant d’aller s’installer à Saint-Renan. Par la suite, il s’est rendu à Locronan et en Cornouaille où il aurait accompli plusieurs miracles. Chrétien fervent et dévoué de son vivant, il y passa toute sa vie à guérir les malades et à réconforter les pauvres. L’église de Cornouaille abrite aujourd’hui sa sépulture.

J’ai pénétré dans l’église à travers une porte latérale. La nef, constituée de deux travers, est sans côtés-bas. Elle est surplombée par une voûte néo-gothique à croisées d’ogives s’appuyant sur des pilastres.

Légèrement au-dessus de l’entrée, se trouve une loge de clocher faisant office d’une petite tribune où trois statues polychromes sont placées. Je poursuis ma découverte en direction de la statue en bois de Saint-Nicolas datant du 18e siècle. Tout autour, sur les murs, se trouvent en objets décoratifs, les représentations d’un chemin de croix. Une multitude d’autres tableaux, les uns représentant les saints et les autres, les traits de Saint Ronan ont enrichi mon passage dans cet édifice religieux.

Le puits Saint Ronan

J’ai ensuite décidé de me rendre au point de débarquement de ce personnage dont la réputation domine toute la Bretagne et au-delà. La légende raconte que lorsque Saint Ronan a débarqué en 520, l’île de Molène manquait cruellement d’eau. Alors, il prit son bâton de pèlerin et l’enfonça dans le sol d’où jaillit de l’eau. Un puits a été foré à cet endroit précis.

On raconte également qu’avant l’épidémie de choléra qui ravagea l’île en 1893, l’eau du puits Saint Ronan était couramment bue. Jusqu’à l’installation du réservoir d’eau britannique en 1897, les deux puits de l’île étaient la seule source d’eau potable à moins qu’ils ne soient à sec.

En 1938, le puits Centronan (qui communiquait avec le port et fournissait souvent de l’eau salée) n’alimentait que les animaux en eau et servait à la lessive. Cette eau est certainement saumâtre et impropre à la consommation. Depuis lors, le nombre de réservoirs d’eau privés a explosé, laissant peu de foyers sans source d’eau.

Cependant, jusqu’à la découverte d’une source d’eau potable dans la partie nord de l’île en 1989, les pénuries d’eau se faisaient sentir chaque année, nécessitant l’envoi régulier de camions-citernes. C’est de l’histoire, celle de Molène…

Visite de l’abri Roussin et des fresques

Ici se trouve l’abri de l’ancien canot de sauvetage à rames « Amiral Russan » (1894-1950). C’est visiblement un monument important de l’histoire de la rade et de Molène, qui a longtemps servi à entreposer des sacs d’algues (récoltées, séchées et revendues à des coopératives par les habitants) avant de partir pour le continent.

En 1988, l’Amicale Molenaise a décidé de repeindre le vieil abri et depuis 2006, il est décoré de magnifiques fresques par Laurent Mordele. Ces fresques retracent la vie et l’histoire de l’île, des travaux champêtres au sauvetage en mer. Là encore, l’imitation d’un vitrail représente Saint-Renan.

Les fours à soude

Ces fours à soude représentent une tranchée excavée dans la dune, tapissée de pierres plates bloquées avec de l’argile. Là était brûlé le goémon (algues) récolté sur la berge pour extraire une substance appelée soude, dont l’industrie tire l’iode.

Les familles du nord Finistère venaient y passer des mois en vue de récolter le précieux goémon. Ils s’établissaient dans des huttes sur le Lédénez Vraz (quelques-unes que j’ai vues subsistent encore). Après refroidissement, elles étaient transformées en des pains de 70-80 kg et transportées par barge pour la fabrication de teinture d’iode. 

Les murets de pierres sèches

Les murets de pierres sèches, caractéristiques du paysage de l’île, protégeaient les terres agricoles du vent et du sel qui brûlaient les récoltes. L’ensemble du secteur insulaire est restauré et entretenu chaque année par la Mairie et le Parc Naturel Régional d’Armorique.

Vincent Pichon, un fermier que j’ai visité, a compris l’importance de ces murets depuis qu’il s’est installé sur l’île en tant que jardinier. Il applique donc les mêmes méthodes de protection ancestrales afin de mettre ses champs à l’abri. Toutefois, le seul inconvénient que les anciens n’avaient pas imaginé, à force de prélever des galets sur les grèves, était la fragilisation des rives qui devenaient vulnérables en cas de tempêtes.

Depuis, le prélèvement des galets a été interdit et les murets inutiles sont retournés à la grève : simple question de survie !

Retour en mer 

Dans l’après-midi du jour 2 de ma visite, je n’ai pas pu résister à l’appel incessant de la mer dont les clapotis au pied des rochers suscitent d’innombrables curiosités. Des rendez-vous décisifs avec les Léviathans de mer ont été honorés.

À la rencontre des dauphins

Avec mon guide, à bord d’un Kayak loué auprès de Breizhk Evasion, j’entreprends une visite commentée. Celle-ci va durer 3 bonnes heures. Soudain, un sourire illumine mon visage. Et devinez quoi ? 6 Grands Dauphins au loin se tiennent compagnie, fendant la mer à l’étrave. J’assistai, éberlué, à leur parade, qui se déroule à quelques mètres de notre kayak.

Cap sur le phare des pierres noires

Mon guide ne s’est pas lassé, tout au long du trajet, de ressasser les histoires des six phares. L’essentiel de son intrigue tourne autour des gardiens courageux, des accostages périlleux et des constructions interminables. Le phare des pierres noires, culminant à 28 m, a contré, d’après ses récits, des vagues de plus de 23 mètres. On peut déjà imaginer le chaos qui doit régner lors des tempêtes.

La visite a été assez brève et nous nous sommes retournés vers Molène. En cours de route, le spectacle émouvant des goémons — un étonnant bras de fer qui remonte les algues dans un ballet de tourbillon — nous a tenus en haleine.

Quelques phoques pour clore la tournée

Sur le chemin de retour, mon guide m’a proposé un dernier circuit qui finalement en a valu mille. À bord du kayak, nous avons longé l’île de Quéménès, ensuite l’île de Livry, puis le rocher du Cromic.

Plus au loin, c’est un petit groupe de phoques gris que j’ai surpris, nichés sur un îlot. Mon guide m’interpelle à la vigilance et à la discrétion. Ils devraient mesurer 2 mètres au moins et sans exagérer, le plus grand doit peser près de 200 kilos. J’y ai passé quelques minutes pour les admirer. Enfin, le retour sur l’île s’est fait sans amertume.

Autres endroits que j’aurais aimé visiter

Îles de patrimoines et de merveilles, Molène est un paradis perdu qui n’a pas d’égal. Elle n’existe pas seulement pour être regardée, elle doit être aussi vécue. À ceux pour qui l’identité insulaire tient tout son sens, je vous suggère de vous y rendre en vacances. Ce sera l’occasion de visiter et de profiter à fond du havre de paix qu’il constitue. J’y ai passé 2 jours, mais depuis, l’envie d’y retourner m’habite au point de me hanter.

Voici quelques autres attractions que je n’ai pas pu visiter, faute de temps, mais que je vous recommande.

Le site de Beg Ar Loued

La visite de cet endroit vous renseigne sur ce que l’île a été habitée depuis fort longtemps, notamment durant l’âge de bronze. Sur le site, des fouilles archéologiques ont mis à jour les ruines d’une habitation remontant à 2200 et 1800 avant J-C. Il se trouve au nord de l’île, conservé sous les dunes.

Le calvaire du Theven

Autrefois, gare durant les processions, le calvaire de Theven est une croix missionnaire datant de 1921. Il se trouve sur le terrain du cimetière communal et représente aujourd’hui un lieu de détente, offrant une vue imprenable sur la mer d’Iroise.

L’impluvium

Construit en 1976, Impluvium est un procédé romain consistant à placer de grandes dalles de béton sur une légère pente pour recueillir les eaux de pluie dans le canal central. D’une capacité de 1500 m3, ce stock permet de soutenir l’autonomie de l’île. 

Se restaurer à Molène : les bonnes adresses

Lors des séjours touristiques, on est très souvent confronté au problème de restauration. Ici, le problème ne se pose pas vraiment ! L’île de Molène est très ancrée dans la gastronomie française, proposant des plats variés, notamment constitués de crudités, de fruits et de poissons de mer.

Pour avoir fait attention à tout ce qui s’y trouve, j’ai noté l’adresse de quelques restaurants dont les recettes ont enchanté ma papille. Je vous les file rapidement :

  • L’archipel : bel établissement proposant des plats typiquement français.
  • Le vent des îles : crêperie sympathique et pas du tout chère.
  • Chez Rachel : bar, friterie, snack situé sur le pont de Molène. Un tas de plats à consommer, notamment : les frites, la saucisse de Molène, les moules, le steak haché, le cheeseburger, etc.
  • Proxi : fruits, légumes, pains cuits sur place et produits frais vous y attendent.

S’héberger à Molène

Passer un séjour agréable revient aussi à s’héberger convenablement et confortablement. À Molène, voici les établissements d’hébergement dont les services vont vous enchanter à coup sûr :

  • Refuges des mers : situé sur un îlot, accessible à pied ;
  • Marcel Monot : des appartements confortables donnant une vue agréable sur la mer ;
  • Catherine Masson : maison avec jardin privatif et vue sur la mer ;
  • L’archipel ;
  • AllenBach Albert.
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